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Élection 2022 et tourisme. Quoi espérer ?

 

Souhaitons que le prochain gouvernement s’attaque aux freins majeurs du développement touristique qui relève directement de lui. Il faut, en votant, se demander quel parti sera le mieux placé pour soutenir notre tourisme avec trois de ses principaux défis :

 1.       Immigration : Mettre en place des règles plus flexibles avec des délais de traitement plus raisonnables pour la venue d’immigrants saisonniers et permanents  afin de pourvoir les milliers de postes vacants en tourisme. Le secteur agricole a réussi et d’autres également comme ICI à Chibougamau Et en parallèle,  des incitatifs fiscaux pour attirer les jeunes retraités à revenir à temps partiel dans le secteur.

 2.      Transport & changement climatique : Le tourisme québécois doit participer rapidement et activement à se décarboner. Or, les GES au Québec, c’est  - grâce à notre hydroélectricité qui chauffe/refroidit nos bâtiments - 43% des émissions provenant du transport et en tourisme autour de 75%. Les PMEs touristiques, à moins d’être une compagnie aérienne ou un autocariste, ont peu de contrôle sur cette dimension du voyage. Diminuer l’empreinte carbone des voyages passe nécessairement par une vraie stratégie des déplacements en région , un réseau d’autocars à hydrogène avec, à destination, des solutions de mobilité douces afin de diminuer l’auto solo, la poursuite/déploiement de bornes électriques pour autos, motoneige, vélos, quad, motomarines et surtout un train rapide (pas leTGF qui est une blague!) entre Toronto et Québec, soit le TGV alors que la majorité de nos visiteurs en provenance du hors-Québec se concentrent sur le corridor Montréal/Québec….Évidemment le 3e lien à Québec dans ce contexte, est un projet du 20e siècle sans aucune vision d’avenir tout comme encourager les voyages aériens à 500$ dans des avions, grands émetteurs de GES… Pour s’adapter au changement climatique, plus on tarde à agir, moins on sera libre de choisir !

 3.    Une nouvelle approche et un nouveau partage de notre forêt pour mieux protéger la biodiversité

 La mainmise des compagnies forestières et minières sur notre forêt a assez durée. En plus, la forêt publique se dégrade  selon un ancien forestier en chef du Québec ! Avec les régions (villes/MRC) et les communautés autochtones, le tourisme et les activités traditionnelles autochtones doivent être mieux considérés. Les activités de chasse & de pêche (lire ICI l’opnion des pourvoyeurs) , de tourisme d’aventure et celles culturelles rattachées aux peuples autochtones sont plus durables  pour l’économie régionale et la biodiversité, mais encore faut-il que la partage des terres publiques devienne plus  équitable.  Nous avons la chance exceptionnelle de pouvoir produire du bois, de l’hydro-électricité et du minerai nécessaire à notre transition durable, mais les gouvernements doivent pondérer leurs ardeurs d’un développement illimité pour ces secteurs et développer équitablement !

 

Jean-Michel Perron

P.S. 1 : Concernant l’immigration, nous avons de notre côté à réaliser une introspection sur les conditions de travail que nous offrons aux employés .ées de soutien (personnel d’entretien, de cuisine, etc.).  Une approche durable de l’emploi commande un tel  exercice.

 P.S. 2:  L’abandon par tous les partis une fois rendus au pouvoir (dont la CAQ récemment, malgré leur promesse), d’effectuer une réforme électorale permettant une représentativité plus réelle des opinions des Québécois et Québécoises à l’Assemblée nationale  fait, qu’encore une fois, le nombre de députés du parti qui sera élu à l’Assemblée Nationale ne représentera en réalité qu’une minorité d’électeurs (autour de 40% des votes probablement). Un énorme déficit démocratique. Lire ICI l’avis d’un ancien président de l’Assemblée nationale.



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