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L’avenir du tourisme en 3 étapes : la revanche, le mur et l’adaptation

 

 

      Le tourisme de revanche (2022-2024)

Plus qu’une relance, ce sera une vague déferlante de touristes partout sur la planète. Privés du plaisir de voyager comme, quand et où on le veut depuis 2 ans, gavés d’épargnes ou de PCU, saturés de télétravail solitaire, nous sommes comme des vaches au printemps qui se lançons dans les champs verdoyants. Mélange d’insouciance et d’aveuglement volontaire, en sachant que non seulement on vit sur du temps emprunté, mais qu’on accélère les effets pervers des changements climatiques, de la pollution et de la perte de biodiversité. Et oui, dans les trois prochaines années, nous allons manquer cruellement de personnels en tourisme, freinant ainsi la croissance requise de notre offre touristique afin de répondre à la demande massive; menant alors à une hausse des prix. Réussir son marketing n’est plus vraiment l’enjeu principal. Répondre à la demande, si.


Le mur (2025-2035)

 

On frappe un mur. Retour à la réalité. Avec les événements météorologiques extrêmes s’étendant sur l’ensemble de la planète, la disparition démontrée à court terme de milliers d’espèces végétales et animales, les millions de réfugiés climatiques et des crises alimentaires en série qui s’enclenchent, les gouvernements agissent enfin par des mesures dures et contraignantes forçant l’adoption de nouveaux comportements personnels et d’entreprises afin de se départir des énergies fossiles, de la pollution et du gaspillage. Mais les nouvelles technologies requises peinent à répondre à la demande (batteries, hydrogène, acier et ciment verts,….). Il y aura de la contestation dans la rue et des anti-climat. Les voyages internationaux retombent, mais plus lentement qu’avec COVID. Le tourisme pour tous devient déjà un mythe… Le secteur touristique repense entièrement les transports terrestres (pour l’aérien ce ne sera pas avant 2035). Le tourisme des régions et toutes les régions du Québec revendiquent une forêt québécoise mieux conservée et plus accessible au tourisme car la Nature devient LA richesse première de notre industrie. Toutes les PMEs et les organisations touristiques s’engagent à protéger et même à régénérer la biodiversité québécoise que ce soit en ville, à la campagne, sur le Saint-Laurent, dans le Grand Nord ou en forêt. Notre plus grand patrimoine touristique, c’est la Nature et on en devient ses gardiens motivés.


L’adaptation (2035 +)

Nos valeurs et nos principes de vie ayant définitivement muées, les touristes étant devenus des voyageurs responsables, les entreprises touristiques ayant entièrement repensé leur chaîne de valeur et rendus leurs pratiques/services réellement durables grâce à des mesures d’adaptation aux changements climatiques, lesquels sont devenus «  normaux »  exigeant alors une flexibilité et une agilité récurrentes. La résilience, la solidarité et l’appréciation élevée des contacts humains et de la Nature constituent le nouveau tourisme qui se veut plus « frugal », mais encore plus authentique qu’avant.

Le tourisme international redémarre par l’adoption généralisée des technologies vertes et par le retour de millions de visiteurs, rejetés par les hausses de prix de la décennie précédente et par des nations entières, transformées, mais ayant  maitrisé l’adaptation au climat toujours changeant peu importe ce qu’on fait en 2022…..

Conclusion : si vous n’aimez pas le changement, trouvez-vous une autre planète.

 

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Jean-Michel Perron

p.s.

Source d’inspiration : rapport du GIEC publié le 28 février 2022 par 270 scientifiques, appuyé par 195 pays. Ils se sont basés sur 34 000 études diverses publiées depuis 2014.

Chaque dixième de hausse des températures (actuellement +1,5C en 2030 et 2,7c minimum en 2100) équivaut à des bouleversements majeurs.  Une image forte : +5c en 2100 (ce qui est un des scénarios) équivaut, avec la hausse des océans, à la disparition totale des plages de notre planète.


 



 

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