Passer au contenu principal

17 millions de chevaux

 

Tramway traîneau sur la rue Sainte-Catherine, Montréal (vers 1877). Source : STM

Le GIEC,  le collectif de scientifiques supportés par la majorité des pays de la planète nous alertait la semaine dernière encore une fois sur la catastrophe annoncée et provoquée par les changements climatiques : d’ici 10 ans on atteindra + .5C par rapport à 2014. L’Accord de Paris de 2015, visait +1,5 C en 2100 par rapport au début de l’industrialisation (1730). On se dirige plus vers le +4c en 2100….Bref, la pandémie, c’est de la p’tite bière par rapport aux impacts climatiques.

Les impacts sur notre tourisme se font déjà sentir. Post-COVID apportera un nouveau tourisme.  Les changements climatiques, peut importe ce que l’on fait à partir de maintenant, apporteront avant 10 ans, un tourisme totalement différent. Les événements extrêmes vont se multiplier et l’atteinte de points de bascules devient probable : déstabilisation de l’Antarctique, courant du Gulf Stream affaiblit ou même disparu, fonte de l’Arctique, etc. L’impact sur l’économie mondiale et sur les populations surtout pauvres, sera dévastateur. Ironiquement — le Canada qui se réchauffe 2 à 3 fois plus que la moyenne planétaire — et éthiquement malsain : certains secteurs géographiques vont mieux s’en sortir que d’autres ! Je pense que le Québec fait partie de ceux-ci, ce qui ne doit pas nous empêcher d’agir en urgence, car une économie mondiale fragilisée et des millions de naufragés climatiques vont nous le rappeler.

Pendant ce temps, le Canada supporte à hauteur de 10 $ mm annuellement les énergies fossiles, principal coupable de ces changements. Le Canada émettait autant de GES en 2019 qu’en 2006 et tout revient au même niveau en 2021 après la pause de 2020. Le même Canada qui vient d’autoriser 40 forages maritimes près de Terre-Neuve, afin d’aider la province à atteindre son objectif de doubler la production pétrolière en milieu marin après 2030. Pourtant, tous les scientifiques le disent : il faut décarboner de toute urgence et de manière très radicale nos sociétés et nos économies. La première chose est de sortir des combustibles fossiles. Abandonner les combustibles fossiles au profit des énergies renouvelables requiert donc une transformation majeure et radicale. Mettons ces 10 $ mm en recherches sur les énergies vertes !

Mais faut savoir que le pétrole est peu cher : en 2020,  1$ par gallon aux USA versus 2,85$ par gallon de Coke ou Pepsi chez Costco.  Le pétrole est partout dans notre quotidien et s’en débarrasser ne sera pas simple et exige dès maintenant de multiples développements :

·       La brosse à dents, faite de plastique qui vient du pétrole;

·       Les grains dans vos céréales ou dans vos rôties ont requis des fertilisants qui ont émis des GES; les tracteurs de ferme construits en métal qui a exigé dans la fabrication des énergies fossiles sans compter le diesel pour les faire fonctionner;

·       Vous mangez des hamburgers ? Les vaches rotent et pètent ce qui émet du méthane, un GES très puissant alors que le pain est fait de blé qui exige fertilisants et diesel pour tracteurs…

·       Vos vêtements de coton (fertilisant et tracteurs) ou de polyester (éthylène, dérivé du pétrole)

·       Papier de toilette (plus d’arbres abattus avec carbone émis)

·       Votre auto (métal & plastique); train, autobus, vélo, asphalte…..utilisation dans la fabrication et souvent essence requise…

·       Votre maison/appartement : bois ou ciment (fabrication requérant le pétrole)

·       Votre bureau, votre chaise….

·       Et tout ça livré par camion, bateau, train, avion qui carburent aux énergies fossiles !

Alors on fait quoi ? On commence par :

#1 : Voter, aux prochaines élections, pour un parti politique qui ne supporte pas le développement  supplémentaire des énergies fossiles et le faire savoir à tous ses candidats de comté en exigeant que le 10$mm annuellement qui va en subventions aux industries fossiles aillent en recherche & développement dans les énergies vertes ;

# 2 : Se décarboner soi-même et son entreprise/organisation touristique en commençant par réduire, réutiliser, recycler, partager les ressources et les équipements

#3 : Privilégier les transports en commun et les transports actifs plutôt que la voiture, diminuer nos transports aériens, réduire sa consommation de viande et d’énergie (même si notre hydroélectricité est une énergie propre, nous aurons besoin de toute l’électricité disponible pour transformer nos industries et nos transports)

 En 1900, il y avait 17 millions de chevaux aux États-Unis qui servaient au transport. Personne ne se doutait qu’en 1930, l’automobile aurait déjà pris leur place. Les nouvelles technologies, la volonté individuelle et étatique, la puissance économique des entreprises peuvent de concert, répondre à l’urgence actuelle, mais il est vraiment minuit moins une. Alors, commençons par aller voter pour reconstruire notre Mère la terre.

 

Jean-Michel Perron


Commentaires

Messages les plus consultés de ce blogue

12 inspirations en tourisme durable au Québec

  Il y a deux semaines je vous parlais de destinations internationales inspirantes en durabilité , en nouveau tourisme. Aujourd’hui, regardons ce qui se fait ici au Québec. Je n’ai pas la prétention d’avoir fait l’inventaire exhaustif de ces individus et de ces entreprises touristiques fermement engagées dans une transition durable, mais ces 12 organisations/personnes sont définitivement inspirantes. Pour retrouver nos principaux leaders engagés en durabilité, les membres de la nouvelle organisation Tourisme durable Québec — près de 200 — en constituent la base.   1.     Monastère des Augustines : la poursuite d’une mission historique   !   Dans le Vieux-Québec, un des grands leaders de la transition durable au Québec. Les dernières Augustines encore vivantes à Québec ont de quoi être fières. Premier hôpital en Amérique du Nord — l’hôtel Dieu — (1639), cet hôtel concept poursuit la mission vers une santé globale. Les actions en durabilité sont exhaustives et se déclinent dans l

Destinations Finlande, Hawaï et Norvège : d’une approche client à une approche résident !

   Le collier «  Lei », symbole du nouveau tourisme hawaien Un virage à 180 degrés dans le développement et la mise en marché du tourisme. Alors que nous sommes, après deux ans, enfin à l’aube d’une véritable relance en tourisme passant du stade de pandémie à endémie ; Alors  que pour assurer cette relance touristique, l’enjeu des ressources humaines EST la priorité #1 à court terme. Sans RH, il ne pourra y avoir également une transformation déterminante de notre tourisme face aux changements climatiques, notre défi existentiel à tous. Des entreprises, des destinations, des organisations et des individus convaincus de l’avenir durable du tourisme agissent et se transforment. Aujourd’hui, parlons de trois destinations très engagées qui décident de se transformer pour le mieux.    Chacune fait le pari que l’expérience des visiteurs sera bonifiée et les recettes touristiques maintenues même si elles exigent des visiteurs de respecter le mode de vie local et d’agir responsablement . Ici a

Contact Nature : modèle d’une entreprise durable !

                                                                                    Marc-André Galbrand Entrevue avec cette entreprise saguenéenne, leader du tourisme durable au Québec. «   Le tourisme peut être un vecteur très positif mais est devenu sur la planète uniformisateur : moins de rencontres de sens, moins de diversité. Il faut plutôt s’assurer d’apporter des impacts positifs…   ». Marc-André Galbrand, le DG, donne d’entrée de jeux la philosophie de cette entreprise fondée en mai 2008 avec quatre entités qui se fusionnent alors :  l' Association des pêcheurs sportifs de la Rivière-à-Mars ; l e camping Au jardin de mon père ;  l e centre plein air Bec-Scie ; Okwari aventures. Et il rajoute : «   J’espère que le tourisme ne va pas revenir comme en 2019   ». Je ne connais aucune autre entreprise en tourisme au Québec aussi engagée dans un véritable tourisme durable en osmose avec les leaders du secteur de la planète. Un point commun de toutes ces organisations engagées