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Vaccin obligatoire en tourisme ?

 

      Enjeux légal, moral et éthique

Au printemps prochain, évitons un autre début de haute saison touristique chaotique en débattant immédiatement sur la place que les non-vaccinés pourront occuper en tourisme et en loisir. Israël, pays le plus vacciné au monde avec plus de 50 % de sa population ayant obtenu au moins 1 dose (et 2,6 millions, 2 doses), patauge là-dedans. Une population d’ailleurs presque similaire au Québec avec ses 9 millions de citoyens. Regardons-y de plus près.

Les activités de loisirs, depuis dimanche le 21 février, ouvrent leurs portes, mais uniquement aux personnes vaccinées. Dans 2 semaines, au tour des restaurants, salles communes et les conférences. Seuls les clients avec leurs certificats de vaccination et leur code QR pourront y être.

La politique du gouvernement israélien est claire : «  Quiconque ne sera pas vacciné sera laissé derrière ! ».

On sait que les voyages internationaux vont requérir une preuve de vaccins permanente à compter des prochains mois, mais va-t-on l’obliger également au Québec pour des activités culturelles, sportives et touristiques alors que la vaccination ne sera jamais obligatoire à mon avis (même si la Loi québécoise  le permet) et que sans immunité collective (70 % à 90 % des gens doivent être alors vaccinés), COVID-19 va demeurer une épidémie ?

Un sondage publié dans La Presse en décembre dernier indiquait qu'entre 25% et 31% des Québécois hésitent à se faire vacciner.  

Irréaliste  de poser la question? Encore une fois, voyez Israël : un grand centre d’achat de Tel-Aviv la semaine dernière a réouvert ses portes qu’aux vaccinés ou à ceux ayant récupéré de COVID-19. Dans la ville de Karmiel, le maire a pris la même décision en plus de vouloir exiger des employés de la mairie, la double dose de vaccins. D’autres villes souhaitent exiger la même condition des enseignants. Des hôteliers menacent leurs employés de congédiement s’ils ne sont pas vaccinés. Légalement, un employeur ne peut forcer un employé à se faire vacciner, mais pourrait n’embaucher que des travailleurs vaccinés si cela peut nuire aux affaires… Ceci heurte les droits individuels, mais les conséquences négatives sont justifiées par l’intérêt collectif, selon la Dr. Maya Peled Raz, médecin et juriste reconnue. « C’est une question de choix  pour les activités de loisirs et touristiques : tu entres si tu es vacciné ; tu ne l’es pas, on ne peut te laisser mettre en danger les autres…. »

Imaginez, le gouvernement s’apprête à passer une loi forçant tout employé non vacciné en contact avec le public à être testé tous les 2 jours et signaler aux autorités locales qui ne l’est pas. L’absence de lois et de règlements clairs fait place à des initiatives non concertées et illégales alors que des commerces exigent la preuve de vaccination, d’autres pas.

Que fera Québec si un hôtelier gaspésien exige une preuve de vaccination l’été prochain à tous ses clients parce que de nombreux vaccinés ne voudront pas côtoyer des non-vaccinés à son hôtel ? Si un guide d’aventures se voit refuser un emploi faute de preuve de vaccins ? Si on ne souhaite pas manger dans un resto, boire dans un bar et faire du gym avec des non-vaccinés ?

Sur une base simplement économique, comme la clientèle internationale sera obligatoirement vaccinée, à titre de PME touristique, j’ai tout intérêt à privilégier pour 2022 une approche stricte interdisant les non-vaccinés afin de rassurer mes autres clientèles car personne ne connaît la durée de l'efficacité des vaccins; en 2021 avec les vaccins non encore pleinement déployés et mes clients qui sont majoritairement québécois, il faut être prudent face à une approche rigide… mais au final, il faudra se conformer à une loi qui n’existe pas encore. Un débat sociétal qui encore une fois va opposer la « préséance » des droits individuels versus le bien commun. Devinez quelle position prendra Québec qui a la responsabilité  de la santé et quelle position prendra Ottawa qui veut défendre en priorité les droits individuels ? D’où l’urgence d’en débattre maintenant.

 

 

Jean-Michel Perron

 

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